Bio
D’origine néerlandaise, née à St-Mandé près de Paris, j’habite en Suisse depuis 1968. « Neutralisée » en 1984.

Mes parents m’achetaient les albums de Tintin, plus rarement d’Astérix. J’ai grandi avec Bob et Bobette (en néerlandais). Je lisais aussi Pif, les petits fascicules carrés de Gai-Luron… Puis quand j’ai eu mon argent de poche, j’ai acheté Strange et, si les dessins me plaisaient, les petits albums en noir-blanc de sf, genre Eclipso ou Fantastik. J’avais l’autorisation parentale de lire des bandes dessinées, à condition que je lise un « bon livre » entre-deux. Ils devaient être rassurés par ma décision depuis toute petite de devenir vétérinaire. Une vétérinaire qui dessine, d’accord, mais surtout une vétérinaire.

Oui, je voulais devenir vétérinaire (ah ! Daktari !), mais je n’étais pas assez scientifique pour cela. Le dessin n’arrivait qu’en deuxième position. J’en fais depuis que je peux tenir un crayon, mais ce n’était pas sérieux, bien sûr. C’est peu à peu devenu le but principal dans ma vie. Je bosse à 50 % dans un travail qui n’a absolument rien à voir avec le dessin, mais il faut bien vivre ;o). Un jour, un jour, je pourrai faire du dessin à 100 % !!!

Une merveilleuse maison nous héberge depuis mai 2009, Philippe et moi. Nous voguons seuls au milieu d’une immense étendue de champs et de forêts, en cohabitation avec la chatte Domino et un nombre indéterminé de fouines.

DéménagementÎleEncréInversé5
Un cadre très inspirant.

Grands évènements « artistiques » de ma vie : 1998 et 2007, deux fois 6 semaines en Inde, voir les
Carnets. 2002 : parution d’Ishum.

Historique BD

Je ne sais pas où ma mère a retrouvé cette page (argh), mais ça doit être une de mes premières tentatives de bande dessinée (j’ai une excuse, je devais avoir 7-8 ans !). ère bd>
Puis les DA japonais sont passés par là. Une grande révélation, j’adorais Goldorak et Candy, qui influencent alors les traits de mes dessins. ème bd>

Ensuite est arrivée la période des premières expérimentations sérieuses. Recherche de techniques, de styles. Ici une première version sur papier-photocopie (!) de la Ville. Je découvre aussi Rosinski, F’Murrr et Hermann, et les bandes dessinées de Pilote.


Pendant des années, j’ai beaucoup dessiné à la craie grasse, surtout des illustrations A3, comme un grand journal perso en dessins influencés par mes lectures d’anticipation et le symbolisme, plein de dragons, d’animaux, de science-fiction, de scènes tragiques, sereines. Un reflet d’émotions. J’adore les couleurs, la matière de la craie grasse (néocolor ®). Je fais des tentatives de bandes dessinées avec, mais cette technique n’est pas très propre. Ici (1985, pour un concours, je crois) j’ai noirci les marges à la peinture à l’eau pour cacher les taches. Je teste aussi des écritures. Encore aujourd’hui, mon lettrage ne me plaît pas…

Je m’essaie à des histoires où le réel bascule, fantasy ou horreur. Crayon noir, crayon de couleur, lavis… Pages A4, A3 ou même plus grandes. Papier d’imprimantes, papier à dessin, à aquarelle… Aaaah le Schoeller !

Cours chez Rosinski de 1992 à 1994, une fois par semaine, on monte en petit groupe en Valais. Grosses claques. J’apprends à encaisser les critiques.
Pour l’histoire avec le bateau, je me rappelle avoir construit une maquette, suite à une remarque de mon prof Rosinski sur l’irréalité de mes décors. Il avait tout à fait raison, ça m’ennuyait, les décors, je préférais me concentrer sur les personnages. Mais sans décor, pas d’ancrage de l’histoire.


Toujours des essais en bd. Un projet vaguement inspiré par les livres de Greg Bear (Infinity Concerto et SerpentMage)

À ma grande surprise, en 1997, je suis nominée à Angoulême au concours Graine de Pro. Mon histoire est totalement onirique et je l’estimais difficilement compréhensible
…Rêve
À l’époque, je tâte de l’aquarelle. Une autre planche est nominée la même année à au concours du festival de Perros-Guirec, toujours avec même technique. Pourtant, l’aquarelle, même si elle me plaît bien, par exemple pour faire mes journaux de voyage, manque pour moi de consistance. En ce qui concerne la gouache, elle me semble manquer de puissance dans les couleurs. La peinture à l’huile, à cause des diluants, rend le travail nez sur la planche pénible, mais de nouveau, la matière me plaît.. C’est alors que je découvre H2Oil®, des tubes de peinture à l’huile diluables à l’eau ! De la matière, de belles couleurs, la possibilité de gratter, de diluer, d’y mettre le doigt ! Parfait ! Une de mes premières planches, envoyée en 1998 au concours du festival de Bédémania (Belfaux, Suisse), remporte le premier prix !
TragicNainstinct Et me permet de financer mon premier voyage en Inde, d’où je reviendrai avec mon premier carnet de voyage.
2000, je suis à nouveau nominée à Angoulême et j’y noue un excellent contact avec Ferry (Ian Kaledine, Chroniques de Panchrysia), qui donne des cours à l’École St-Luc à Gand, Belgique. De juin à décembre 2000, je me rends à Gand. Ferry est un grand professeur, capable de pousser ses élèves toujours plus loin. J’ai énormément appris durant ces 6 mois ! Je travaillais sur un projet personnel : Visions dans l’Oasis.

Ma vingtaine de pages sous le bras, je vais à Angoulême fin janvier 2001, suis repérée par les éditions Nucléa, qui me mettent en contact avec Franz (Poupée d'Ivoire, Lester Cockney, etc), qui accepte de reprendre en main mon scénario. La suite, c’est la saga « Ishum », directement inspirée par les personnages et l’environnement désertique de Visions dans l’Oasis. Pour les détails, voir ci-dessous.

Très utile pour se motiver à illustrer des sujets inhabituels et pour évoluer, j’ai donc participé à de nombreux concours BD . Vous pouvez en voir des exemples sous Concours.

Depuis, j’ai travaillé (seule ou avec un scénariste) sur divers projets :
  • Suite de la Cité des Masques (Ishum II)
  • Suja (une fille élevée par des vieux oncles et tantes qui s’imagine peu à peu qu’elle est issue d’une famille de vampires)
  • Knie (la saga d’une grande famille de cirque depuis 1803)
  • Belfast (sur les évènements du dimanche sanglant en Irlande), avec Kris (projet non-abouti)
  • La Cage d’Emeraude (un conte où, avec d’aide d’un démon-maulinn, une petite fille cherche à sauver son père de l’emprise d’une pierre maléfique dans un univers oriental)
  • Une adaptation du Roman de Renart (Ysengrin), collectif avec Erwan (projet non-abouti)
  • Beniber Khan, avec Lesparre au scénario, qui se passe durant l’An Mil en Andalousie

J’ai également participé à 6 albums collectifs suisses (La Vie en Verre, Pompiers Volontaires, Mes Semblables, Tattoo-Passion, Champs Libres, Don du Sang), via BD Force. Une structure qui donne du boulot aux dessinateurs, c’est suffisamment rare pour être saluée avec enthousiasme !

Une histoire courte en 4 pages noir-blanc (Des
Croquettes dans la Nuit) est parue dans le fanzine Halbran de José Roosevelt. J’ai illustré un livre pour enfants « Papa est un gros Chat », sur une histoire de Mathieu Doublet. On est en quête d’un éditeur, quoiqu’au départ Mathieu était parti sur une autoédition. Un petit montage de travail ici animationPapaChat.

Ishum

Ce qui aurait dû être mon « grand début dans la bd professionnelle » retomba comme un soufflé.

Franz et moi avons démarré Ishum en mars-avril 2001. Lui au scénario, moi au dessin, les rôles bien définis. Les planches tombaient régulièrement et malgré quelques coups de gueule de Franz (il avait un sacré caractère) tout allait bien. Il me fournissait les planches soit sous forme de story-board, soit écrites. Pour lui, écrire allait aussi vite que dessiner.

Les derniers mois, après un rapide calcul, je me suis rendue compte que si je continuais au rythme de 4-5 planches par mois, j’allais rater le délai de sortie de l’album du festival de Sierre. Donc j’ai mis les bouchées doubles. Réveil, dessin, manger, dessin, pause, dessin, manger, dessin, dodo. Les grosses catastrophes étaient les moments où oh bon sang, je n’ai plus de pain ! Il va falloir sortir et interrompre le boulot ! Inutile de préciser que j’étais célibataire pendant cette période. 14 heures de dessin par jour.

Ishum est bien paru pour le festival de Sierre en juin 2002. Les palettes sont arrivées le premier jour vers 14h00. C’était un grand moment pour moi (même si évidemment je n’étais pas satisfaite de mon dessin, surtout des premières planches, mais on n’avait pas le temps de corriger). J’ai sauté comme un marsupilami à travers tout le festival, mon album à la main.

Puis les Editions Nucléa ont déposé le bilan en octobre 2002. Tous mes albums étaient bloqués chez le diffuseur. J’en avais 5. Comment faire ma promotion ? Les festivals voulaient m’inviter, mais devaient y renoncer, faute de pouvoir commander Ishum.
Puis , le 8 janvier 2003, Franz décède. Je reçois la nouvelle par email de la part de sa femme. C’est une claque. Je n’aurai jamais rencontré Franz face à face pendant notre collaboration. Tout se faisait par email, fax et téléphone.
Pendant le festival d’Angoulême fin janvier, je réussis à me faire verser le solde de ce que Nucléa me devait encore (environ la moitié des planches) par les repreneurs de Nucléa : Nucléa2. Ils ont repris les dettes et les auteurs, mais renoncent à faire paraître la suite d’Ishum. Le fait de devoir négocier avec sa veuve les droits, le fait que Franz n’avait écrit que les 3 premières pages du 2
ème tome… plein de raisons. Et je ne pouvais pas faire valoir de faramineux chiffres de vente puisque celles-ci avaient été interrompues après 3 mois !
Et le stock restant, malgré leurs promesses que j’allais le récupérer, je n’en voyais pas la couleur. Cela m’empêchait de fréquenter les festivals en tant qu’invité (on y fait toujours des rencontres intéressantes).
Le pire fut un festival au nord du Jura qui m’assura avoir pu obtenir les livres. Je fis le déplacement (5h de train pour rien) et rentrai le même jour, furieuse. C’est là que je décidai d’aller voir un avocat. Ce fut une bataille d’un an (très coûteuse, et qui évapora mes dernières réserves financières), puis soudain je fus en possession d’environ la moitié du stock restant. Où était passé l’autre moitié ? C’est un des grands mystères de l’existence, mais cela impliquait que je ne pouvais pas promettre d’exclusivité à un éventuel soldeur intéressé.
Bref.

Je décidai d’oublier tout ça et de travailler à d’autres projets (et accessoirement gagner un peu de sous en travaillant de nouveau comme secrétaire).
Suja, Brasovi, Knie, Cage d’Emeraude.
Je collaborai à des collectifs BDForce
Je fis une vingtaine d’illustrations pour « 
Mon Père est un gros Chat », de Mathieu Doublet, pendant 2008-2009

Et puis, fin 2009, mes parents eurent une discussion sérieuse avec moi et me proposèrent de financer une auto-édition de la suite d’Ishum. Auparavant, j’aurais trouvé plein de raisons de refuser. La distribution, la promotion qui prend le temps qu’on voudrait consacrer au dessin, etc. etc.
Mais là, j’y ai sérieusement réfléchi. J’ai compté les Ishum1 que j’avais encore en stock et j’ai discuté avec pas mal de gens, aussi des professionnels, notamment pendant le festival BD-Fil à Lausanne. A ma très grande surprise, personne ne me dissuada de me lancer dans l’aventure. Au contraire. Cerise sur le gâteau, en décembre, un bédévore belge expatrié au Mali me demandait par email d’un ton fâché pourquoi il n’y avait pas de suite (depuis il m’envoie plein de documentation que je vais utiliser illico dans le tome 2 !) !
Alors c’est reparti.

On va dire : « la suite est en cours de traitement ».
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